La Sorgue célébrée par les plus grands poètes, de François Pétrarque  à René Char, est aussi et surtout le symbole d’une cohabitation réussie entre les hommes et la nature environnante. C’est en effet sur les berges de cette rivière, dans ses cours d’eaux et aux alentours, que les roues à aube, les quais, les rues et les ruelles, les églises et les chapelles, sans oublier les pêcheurs et leurs étranges embarcations appelés « Nego-Chin » (ce qui signifie littéralement « chien qui se noie »), s’élèvent majestueusement et constituent les pièces solidaires d’un théâtre merveilleux.

La Sorgue est une rivière non domaniale  qui prend sa source à la Fontaine de Vaucluse et c’est l’homme qui, avec son génie, a aménagé et transformé cette rivière au fil des siècles, pour en faire un vaste réseau de cours d’eau. Ses berges et son lit n’appartiennent pas au domaine public mais à une succession de propriétaires. La rivière est avant tout un milieu de vie pour la flore et la faune. Si la Sorgue joue aujourd’hui un rôle récréatif, il ne faut pas oublier ses fonctions passées (irrigation et industries).

En cliquant ici, vous accéderez au site officiel qui lui est dédié. Vous y découvrirez toutes ses richesses et vous serez informés sur les actions engagées pour gérer et préserver ce patrimoine exceptionnel.

Le poète René Char a écrit un poème merveilleux sur cette rivière

La Sorgue
Rivière trop tôt partie, d’une traite, sans compagnon,
Donne aux enfants de mon pays le visage de ta passion.
Rivière où l’éclair finit et où commence ma maison,
Qui roule aux marches d’oubli la rocaille de ma raison.
Rivière, en toi terre est frisson, soleil anxiété.
Que chaque pauvre dans sa nuit fasse son pain de ta moisson.
Rivière souvent punie, rivière à l’abandon.
Rivière des apprentis à la calleuse condition,
Il n’est vent qui ne fléchisse à la crête de tes sillons.
Rivière de l’âme vide, de la guenille et du soupçon,
Du vieux malheur qui se dévide, de l’ormeau, de la compassion.
Rivière des farfelus, des fiévreux, des équarrisseurs,
Du soleil lâchant sa charrue pour s’acoquiner au menteur.
Rivière des meilleurs que soi, rivière des brouillards éclos,
De la lampe qui désaltère l’angoisse autour de son chapeau.
Rivière des égards au songe, rivière qui rouille le fer,
Où les étoiles ont cette ombre qu’elles refusent à la mer.
Rivière des pouvoirs transmis et du cri embouquant les eaux,
De l’ouragan qui mord la vigne et annonce le vin nouveau.
Rivière au cœur jamais détruit dans ce monde fou de prison,
Garde-nous violent et ami des abeilles de l’horizon.

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